Le Mois du Graphisme a ouvert les portes de ses expositions ce week-end. Promenade parmi les livres du monde et les affiches de Philippe Apeloig…
Le week-end dernier s’ouvrait la 18e édition du mois du graphisme d’Echirolles. Avant de laisser place à l’inauguration de l’exposition de Philippe Apeloig à la Rampe, les discours des élus de la ville et de la région réaffirmaient le projet de création d’un lieu permanent du graphisme à Echirolles. Successivement, les acteurs politiques se sont attachés à préciser le projet déjà bien avancé, d’un centre dédié à la discipline qui investirait en 2010 les locaux de l’ancienne mairie de la commune. En attendant la confirmation des pouvoirs locaux, le micro a été rendu aux acteurs graphiques : Philippe Apeloig, qui inaugurait son exposition «O typo» à la rampe, Michel Bouvet, qui investit, cette année, deux lieux de la commune iséroise avec une sélection éditoriale internationale, ou encore Thierry Sarfis qui s’est, semble t-il, définitivement converti au graphisme chinois en commissionnant une nouvelle fois une exposition mettant en vedette les créations du géant asiatique.
À la Rampe, les affiches de Philippe Apeloig perpétuent le culte initié par leur auteur : la célébration typographique. Suspendues au plafond dans une rythmique cadencée, elles entrent en résonance avec l’animation composée pour le festival sur une musique de Ravel par Apeloig et Vadim Bernard.
Photos de l'exposition "O typo", de Philippe Apeloig, à la Rampe.
Plus loin, investissant à la fois le Moulins de Villancourt et le Musée Géo-Charles d’Echirolles, l’ambitieuse exposition commissionnée par Michel Bouvet –We love Books - foisonne de créations éditoriales issues des quatre coins du globe. Michel Bouvet avait déjà conçu une exposition de dimension planétaire avec « Graphistes autour du monde ». D’Egypte, d’Israël, de Buenos Aires, Sao Paulo, Van Couver, Oslo, Vienne ou New York, la grande diversité des nationalités des acteurs représentée est à l’image des moyens que le graphiste français s’est donné pour recueillir un maximum d’ouvrages : plusieurs années de travail et des appels lancés aux éditeurs, graphistes des quatre coins du monde qui autorisent ici une multiplicité des formes. Si la sélection se dispense d’un quelconque parti pris ou engagement graphique c’est au profit d’une prise de vue panoramique. Une perspective qui se prolonge dans la manière dont les ouvrages sont présentés, les uns à la suite des autres. La lecture de l’exposition s’effectue linéairement, de la gauche vers la droite, comme celle d’un texte. Labyrinthique, la scénographie laisse le visiteur déambuler le long de ce fil d’Arianne et s’enrichir de découvertes insolites, rythmées par quelques références incontournables : Pentagram, Ahn Sang Soo, Cyan ou Paul Sahre… Si la centaine de graphistes et studios ici représentés sont tous introduits par une biographie, l’ampleur et la linéarité du système freinent la profondeur du regard. Derrière les vitrines, les livres sont images et il est difficile de comprendre le dialogue entre création graphique et contenu éditorial sans les indications nécessaires.
Exposition We Love Books aux Moulins de Villancourt, autour des Books of the World, réalisés par plus de 100 graphistes.
Au musée Géo-Charles, l’approche par pays ou localité permet toutefois d’aborder la matière avec d’avantage de perspective. Ici se découvre une création taiwanaise encore méconnue, qui emprunte aux tendances contemporaines internationales tout en conservant ses esthétiques et codes graphiques locaux. Quelques mètres plus loin, autre chapitre, c’est au tour d’une création artisanale restée anonyme, essentiellement illustrative et typographique, de représenter le Cambodge et Madagascar. Michel Bouvet l’avait précisé dans son discours inaugural, il s’agit de regarder ces formes graphiques dans ce qu’elles possèdent comme singularités et richesses, sans les juger par rapports à nos standards européens. Des couleurs, des signes vernaculaires, qui, ensemble, commencent à définir une identité graphique à ces autres contrées. La dernière salle laisse place aux directeurs artistiques new-yorkais, et révèle une création contemporaine américaine bigarrée, représentée par Chipp Kidd, Barbara DeWilde ou John Gall et Carole Devine Carson. Se démarquant par la constance de la qualité graphique, cette partie de l’exposition a été initiée par une sélection de Yann Legendre, graphiste français, désormais installé à Chicago et instigateur de la biennale d’affiche créée cette année dans la ville.
Suite de l'exposition We Love Books, au Musée Géo-Charles, consacrée aux graphistes deTaïwan, à Madagascar, aux livres du Cambodge et aux directeurs artistiques de New York.
Rassemblés par Michel Bouvet dans le cadre de l’exposition tentaculaire We love Books, A World Tour, Walter A. Gronli, Melchior Imboden, Neil Pardington, Mohieddine Ellabbad ou encore Erwin Slaats (agence Eden) se sont livrés à une table ronde animée par Emmanuel Souchier, enseignant, chercheur en sciences de l’information et de la communication à Paris IV Celsa, et l’écrivain Philippe Di Folco. Traitée tel un court magistral - au sens figuré comme au sens propre - la rencontre internationale a abordé la question du livre comme objet et sa relation à l’écriture.
Dominées par l’oralité d’E. Souchier, qui a développé une réflexion fouillée autour de l’objet “livre”, les personnalités invitées dans le cadre de l’exposition We Love Books, n’ont pu exposer leur point de vue, la table ronde tenant davantage d’un monologue occasionnellement ponctué par Philippe Di Folco.
Table ronde animée par Philippe Di Folco et Emmanuel Souchier. De gauche à droite sur les deux clichés ci-dessus : une traductrice, Walter A. Gronli, Neil Pardington, Philippe Di Folco, Emmanuel Souchier, Andrew Howard, Melchior Imboden, une traductrice; Anett Hentschel, Erwin Slaats et Guido Scarabottolo.
Journalistes : Caroline Bouige & Agathe Hoffmann
Commentaires
Info
La vidéo des lauréats du workshop étudiant 2008:
http://www.youtube.com/watch?v=tseyoMdFB2k
Félicitation à Aurore M et
Félicitation à Aurore M et Arnaud Buron de l'ecv Aix-en-Provence pour leur film !!!
C'était donc une expo de
C'était donc une expo de livre au musée Géo-Charles ? Moi qui croyais que c'était une expo de jacquettes sous vitrine !
BRAVO À L'ECV!
Bravo à l'ECV d'Aix en Provence! Le binôme Arnaud Buron et Aurore Michel de Pierredon a remporté avec brio le 1er prix pour la bande annonce! Rappellons qu'ils avaient gagné ce workshop à la suite du Challenge Inter-ECV où ils avaient fini 3ème!!!
euh... le mois du graphisme...décevant
Que dire de ce "mois" du graphisme ?
Alors déjà, je pense que le mois devrait se résumer à un wkd d'ouverture car en semaine, plein de lieux ne sont pas ouverts. Nous somme un groupe d'étudiants en design graphique s'étant rendus sur place 3 jours pour cet évènement et nous en sommes repartis très vite (au bout de 2j), malgré les centaines de km qui nous séparent d'Echirolles...
Alors déjà, niveau signalétique dans la ville : c'est catastrophique !!! Il faut vraiment vouloir se rendre dans chaque lieu pour les trouver. Les infos sur le programme ne nous aident pas : dans la plupart des lieux, il faut se référer aux horaires d'ouverture des équipements... chose très pratique... puisqu'il faut s'amuser à chercher les infos ailleurs que sur le programme... Et puis les expos :
Alors We love books !!!! intéressantes même quasiment fascinante mais super décevante sur le fait que nous ne pouvons pas toucher les livres et voir forcément l'intérieur...
Pour le centre social d'Anne Frank, cette mini expo rappelle, parait-il une expo réalisée il y a 2 ans...
euh et pour l'expo sur les livres d'art : ben fallait prendre rdv ?????
Ô typo, expo enrichissante, super de montrer les recherches mais c'est vrai qu'on aurait aimé en voir plus...
L'expo à l'hôtel de ville : sympa
L'expo au sdh : très intéressante... mais...
Ah et l'expo de Kunstel et Degas et ben la diffusion des génériques ou autres sur une petite télé au milieu d'un hall où plein de jeunes lycéens défilent, n'est vraiment pas chose aisé... On début, nous nous sommes demandés si nous pouvions allumer la télé pour pouvoir tout voir...
Voilà je voulais juste vous faire part de ce constat...
Je m'attendais évidemment à autre chose...
Je ne sais pas si je renouvellerais cette expérience... à vous peut-être de me convaincre...
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