
Le 24 septembre dernier Ellen Lupton a ouvert ce site. La première note a pour titre « pourquoi un créateur de caractère ferait-il pas don d'une de ses police ? ». Ellen Lupton propose que ce soit un cadeau désintéressé à l'humanité et lui faire prendre conscience de la qualité de l'importance de la typographie; Pour partager les ressources visuelle qui pourraient être employées par toutes sortes d'utilisateurs ou encore pour permettre à des créateurs de s'en servir pour adapter ces polices à des langues peu répandues. Elle ne manque pas d'idéée pour ce "manifesto".
Mais en posant cette question, Ellen Lupton nous interpelle plus largement. Pourquoi il n'existe pas un mouvement de création libre de droits dans la typographie comme il en existe dans une multitude d'autres domaines de création : la musique, les logiciels ? Lors de sa conférence à l'atypi 2006 qui s'est tenue fin septembre à Barcelone, elle a poursuivi ce questionnement. Elle pense que parmis les espoirs du modernisme était aussi celui de partager une vision typographique internationale unifiée, illustré par des expériences telles que l'Universal d'Herbert Bayer et l'Univers d'Adrian Frutiger. Les bouleversements post-modernes des années 70 et du 80s ont posé le doute sur ces ambitions. La société globale d'aujourd'hui porte ses propres défis. Selon Ellen il faut maintenant relier la typographie aux styles de vie nomades, aux marchés globaux, et à la culture typographique. Clarifier les différences entre une typo copiée, libre de droit, achetée, conçue pour un commanditaire....

© Henrique Nardi
Ellen Lupton est écrivain, curateur, et graphic designer. Directrice du programme de design graphique Maryland Institute College of Art à Baltimore.Elle a écrit et participé à plusieurs livres publiés chez Princeton architectural press.
Commentaires
Free Typo
Ceci est une excellente idée.
Il serait également intéressant de contocter un dossier compressé et téléchargeable des polices de caractères libres de droits et utilisables pour tout type d'activité : Histoire de donner un peu de visibilité à la diversité des créations en ce domaine. Mais peut-être que cela existe déjà ?
ellen lupton
je trouve intéressante la démarche d'Ellen Lupton, même si je n'y adhère pas complètement. Je m'en suis expliqué déjà dans deux notes précédentes ici et là.
Je ferai également remarquer que la lettre ouverte d'Andrei Michael Herasimchuk s'adressant à John Warnock est antérieure de quelques semaines à la réunion de l'Atypi à Lisbonne. J'aimerais bien connaître les retombées (press-medias et professionelles au sein des organisations comme l'ATYPI voire l'AIGA) de l'énoncé de cette missive publique.
Ce que j'en pense: c'est que la notoriété des caractères dépend de plusieurs facteurs:
1) présence dans les catalogues des fonderies les plus connues de la planète
2) la notoriété de leur propre créateur et par voie de conséquence celle de leur site en ligne
3) l'utilisation des caractères dans des publications dont la notoriété même propulse celles-ci sur la scène d'une visibilité internationale.
4) la publicité qui en sont faites par les organisations typographiques internationales.
Il me semble donc assez paradoxale de demander aux créateurs de faire don d'une de leurs typos (ce que j'ai initié pour exemple dans l'article que j'ai consacré à l'œuvre de Paul Gabor en mettant une des graisses du Mermoz en téléchargement libre) alors que l'initiative devrait venir des organisations qui disposent de la plus grande visibilité mondiale. J'aimerais bien que Jean-François Porchez, en tant que représentant officiel de l'ATYPI en France veuille bien donner son avis sur ces questions, que ce soit ici sur le blog d'étapes, ou directement sur son site du typographe.com (ou les deux mon capitaine ;-). Il m'apparaît essentiel que les typographes français par le rôle de plus en plus important qu'ils jouent sur la scène internationale de la création typo, reprennent la main sur cette affaire d'un fonds humanitaire que j'avais pompeusement (personne n'est parfait) intitulé fonds Gutenberg, ne serait ce que pour une raison historique: l'ATYPI a été créé par Charles Peignot et John Dreyfus bien avant l'existence d'ITC, et de bien d'autres organismes commerciales et institutionnelles. La France a vocation de faire entendre sa voix sur cette question même si on peut déplorer que la Culture et l'Education n'aient toujours pas réussi à se mettre d'accord sur l'avenir du cabinet des poinçons de l'Imprimerie Nationale. C'est justement peut-être l'occasion de faire du lobbying auprès des ministères en rebondissant sur l'appel d'Ellen Lupton.
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