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Février 2006

ÉDITO

La bonne conscience

par Michel Chanaud

Un nouveau pack de jus d’orange va prendre place dans les linéaires début février. En soi, il n’y a pas réellement de quoi en faire un commentaire. Les packs changent de look aussi vite que lessaisons, apparaissent et disparaissent au gré des stratégies marketing. Lire la suiteLire la suite L’intérêt est dans l’apparition d’une nouvelle marque dans les linéaires et de la démarche inattendue de la part d’une association humanitaire. L’Unicef et Frische France (fabricant de marque de distributeurs) se sont associés pour la sortie de ce jus d’orange. La totalité de la marge brute, 20 centimes d’euros (8%), sera versée à l’association sur chaque litre vendu 2,35 euros. La démarche présente toutes les garanties d’honorabilité. Lisse! Pragmatique, l’Unicef escompte dans cette opération un million d’euros de revenu soit 5millions de litres de jus de fruits(dans un marché total annuel de 145 millions de litres), pour tenter de gonfler un budget toujours plus tendu par l’extension du domaine des catastrophes (653 millions d’euros lui sont en ce moment nécessaires pour faire face aux situations d’urgence). Pour le nouveau responsable de Frische France, ce n’est pas un coup d’essai, il est aussi à l’origine des jus de fruits labélisés Max Havelaar,distribués par son entreprise. Mais cette opération nous questionne plus profondément.Nous sommes renvoyés aux contradictions de nos modes de vie. Consommer plus! Consommer autrement, encore plus, et jusqu’où? Nous savons que si tous les Terriens vivaient comme nous le faisons en Europe, trois planètes ne nous suffiraient pas… Alors consommer trop pour s’en ruiner la santé, consommer pour oublier d’avoir peur, consommer pour avoir l’impression d’être.Consommer jusqu’à vouloir, en prime, avoir la bonne conscience de le faire, en pensant que cela fait un peu de bien quelque part, là-bas, loin.Consommer sans se priver, sans que cela coûte quoique ce soit. Sans que cela puisse remettre en cause d’une quelconque façon les déséquilibres que nous n’aimerions bien ne pas avoir à prendre en compte.Sans vouloir que cela change. Sans que cela nous gêne en quoi que ce soit. Consommer sans partage: la schizio-conso? Demain, d’autres marques vont-elles entrer dans cette concurrence? Allons nous avoir une surenchère des organisations humanitaires proposant des produits à buts sociaux, d’urgence sanitaire, défendant l’environnement et l’équité commerciale tout en luttant contre la sauvagerie?Comment allons-nous faire pour accepter d’acheter un produit avec la marque d’associations contre la faim, pour les victimes d’un tremblement de terre,contre la torture, ou tentant d’empêcher l’excision.Combien de marques vont-elles se superposer audos de chaque emballage comme au bas d’affiches Et sponsors de quel art de vivre? Quand et quels seront les visuels qui soutiendront de tels messages sur les emballages? Le tout pour toujours moinscher avec en prime coupons de réduction et points de fidélité. En apparaissant dans les grandes surfaces, les marques des organisations humanitaires et caritatives ne signifient-elles pas là leur disparition, l’effacement de leur utilité, pour entrer dans la logique marchande, et ne se font-elles pas les augures de notre disparition?Avec l’idée du don et celle du produit-partage, le marketing nous montre combien il est facile de jouer sur nos contradictions. Il nous présente ses produits comme étant des issues de secours pour assurer notre rédemption et non plus comme des moyens de servir nos besoins essentiels. Cette alliance de l’associatif et du lucratif est une curieuse vinaigrette, nous aurons le dernier mot pour savoir si elle est à notre goût et voir si le mélange n’a pas besoin d’être un peu secoué.
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Le fond & la forme

DESIGN GRAPHIQUELove, BJ

par Pierre Ponant

Extrait d'un générique de film d'entreprise, 1966 Américain expatrié au cœur du Swinging London, Robert Brownjohn a assaisonné le modernisme anglo-saxon de son esprit d’enfant terrible. Une exposition au design Museum et une monographie reviennent sur la production et le personnage signés Brownjohn.
Love, BJ
 

COMMUNICATIONGraphisme de communication du MAC/VAL

par Etienne Hervy

Couverture du dossier de presse, utilisant les images réalisées par Alain Bublex. À Vitry, le musée d’art contemporain Mac/Val a différencié son rapport au graphisme selon ses besoins de communication, information ou identification.
Graphisme de communication du MAC/VAL
  1. www.macval.fr

IMAGESRetour vers la figure

par Vanina Pinter

extrait d'une campagne levi's. Nawel hybride ses photos de mode de peinture à l’huile, son travail d’illustratrice demeure connecter à l’univers de la mode où elle a exercé différents métiers.
Retour vers la figure
  1. www.unit.nl

RéFLEXIONEsprit Dada es-tu là ?

par Stéphane Darricau

Recherche de l’influence de Dada sur le graphisme américain des années 90. Plus que les formes, l’espri demeure.
Esprit Dada es-tu là ?
 

ESSAISignes de la sociologie

par Etienne Hervy

Le modèle du complexe d'oedipe et son développement avec l'âge de l'enfant. Pour son projet de diplôme, Charlotte Jankowski s’est attachée à concevoir et animer des pictogrammes capables de modéliser les concepts des sciences sociales.
Signes de la sociologie
 

CRÉATION

  • Design
    Onirisme psychédélique : www.kiselev.com
    Respirations : www.soundsofsilence.de
    Le corps au carré.
    Scénographie de Franck Houndégla, pour l'exposition "biométrie" à la Villette

LA PART DU TEXTE

  • À leur avis
    Les collectifs, des groupes à géométrie variable - par Laetitia Sellam
  • Sémiologie
    Signes d'humains - par Bernard Darras

PARTICIPANTS AU NUMÉRO

Bernard Darras, Stéphane Darricau, Kate Fletcher, Pierre Ponant, Lætitia Sellam et Annabela Tournon Zubieta