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Juin 2007

ÉDITO

Dites-le en Bodoni

par Étienne Hervy

Signe de maturité ou signe des temps, le Festival de l’affiche et des arts graphiques expose Paul Rand. Peu d’affiches ici, il y a bien un peu de papier découpé, mais aussi, et surtout, du packaging, de la publicité, du rapport annuel et du logo. Lire la suiteLire la suite Pas d’utilité publique non plus, mais de bons et loyaux services rendus aux grandes firmes yankees: IBM et UPS pour les classiques, mais encore Enron, des cigares et du cognac… c’est l’Amérique ! Tout cela semble bien loin des préoccupations d’un festival qu’on dit cramponné à l’affiche (c’est faux) et axé sur le politique (et pourquoi pas, s’il s’agit de savoir quels enjeux donner à cette discipline). Mais n’est-il pas militant dans la fragilité actuelle de rappeler quelle ampleur peut prendre le graphisme, quelle autorité un graphiste peut acquérir face à un décideur, un conseil d’administration, un chiffre d’affaires. C’est avec le souci d’un impact sur la réalité du graphisme que se pense et se lit un événement comme Chaumont. L’exposition montée par Pierre Bernard et Marsha Emanuel commence par les pages des livres que Rand a écrits sur son travail et sa discipline. Un portrait accueille le visiteur, mais aussi les mots de Rand: Une oeuvre graphique qui satisfait les besoins esthétiques, respecte les lois formelles et les exigences de l’espace à deux dimensions; qui connaît le langage de la sémiotique, de la typographie et de la géométrie; qui condense, transforme, traduit, renverse, dilate, répète, réfléchit, réunit et rassemble, mais qui est hors de propos n’est pas du bon graphisme. Derrière le péremptoire de l’injonction, il y a l’encouragement pour les graphistes à prendre la parole sur leur discipline. De mettre des mots sur ses formes et ses fonctionnements de répondre et de dialogueravec un client.
Là aussi, une résonance opère avec les temps présents. Les graphistes écrivent peu de livres ou d’articles, et ils ont tort, mais ils commencent à rattraper leur retard sur le Net. Quelques-uns tiennent leurs blogs, conversent sur les espaces de paroles mis à leur disposition et acquièrent le droit à la critique. C’est de cette façon aussi que les initiatives plus institutionnelles (festivals, conférences ou publications) se diffusent et se partagent. À cette condition, des expositions telles que les présentations de Richard Niessen à la Chapelle des Jésuites (p.50), de Mathias Schweizer au CAPC de Bordeaux peuvent, elles, se passer de commentaires.
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Le fond & la forme

GRAPHISMEL'attrait de l'abstrait

par Véronique Vienne

L'alphabet de Westinghouse, utilisé pour le packaging, les brochures et les annonces publicitaires, est aussi distinctif que le logo dont il s'inspire. Retour sur Paul Rand, Designer graphique américain majeur. Portrait d’un créateur exigeant, auteur des logos des firmes IBM et Westinghouse. Entre abstraction, Guerre Froide et « Good design is good business ». Une exposition lui était consacrée lors de la dernière édition du Festival International de l’affiche et des arts graphiques de Chaumont.
L'attrait de l'abstrait
 

AFFICHEChaumont : 18 ans

par Caroline Bouige

Richard Niessen, E*V*O*L E*Y*E LAND*S*-END, 2004. Pour fêter sa majorité le Festival de l’affiche et des arts graphiques de Chaumont propose un équilibre entre art et design graphique. Visite de l’édition 2007 et des différentes expositions : Paul Rand aux Silos, Richard Niessen à la Chapelle des Jésuites, Impressions françaises au Garage et Photographisme à l’Hôtel de Ville.
Chaumont : 18 ans
Chaumont 2007 en images

ILLUSTRATIONLes requins marteaux, la profusion comme modèle

par Stéphane Corcoral, Kate Fletcher et Morvandiau

Le collectif albigeois, les Requins marteaux, ne se contentent plus de publier de la bande dessinée. Le projet Ferraille du nom de l’emblématique Monsieur Ferraille regroupe un magazine, un supermarché (disponible en ligne), des affiches, expos, happening… Humour à profusion.
Les requins marteaux, la profusion comme modèle
  1. supermarcheferraille.free.fr

ÉCOLECarte d'identité des Beaux-Arts de Paris

par Vanina Pinter et Étienne Hervy

Couverture du livret des étudiants. La nouvelle identité visuelle de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris a été confiée à Integral Ruedi Baur. Cinq autres candidats : Bonne Merveille, Designers Anonymes, Atelier Bekke/Behage, ACG, et HTB, avaient été retenus pour le second tour, décryptage de leurs propositions.
Carte d'identité des Beaux-Arts de Paris
  1. www.ensba.fr

CRÉATION

LA PART DU TEXTE

  • À leur avis
    Qu'est-ce que le graphisme?
  • L'image réfléchie
    Une image première

PARTICIPANTS AU NUMÉRO

Caroline Bouige, Romain Bourgeais (stagiaire), Stéphane Corcoral, Kate Fletcher, Pierre Fresnault-Deruelle, Sylvia Grincourt (stagiaire), Sylvie Lambert, Cathy Lecruble (stagiaire), Michel Mazoyer, Morvandiau, Véronique Vienne.