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Pour les graphistes, mai qui finit c’est Chaumont qui commence. Cette fois-ci, Jean-François Millier, mort en décembre, ne sera pas du voyage. Il a passé le relais à son ancien assistant, Étienne Bernard. À charge pour lui de coordonner les visions des trois directeurs artistiques et des commissaires des expositions disséminées pour quarante jours dans la ville.
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Il y a ceux qui y vont, ceux qui hésitent et les autres qui n’iront pas. Tous jettent néanmoins un oeil à la programmation qui sera aux Silos, ou à la Chapelle. L’affiche du festival suscite elle aussi des commentaires. Pas seulement chez les graphistes, la presse grand public, locale et nationale, s’ouvre au design et c’est là aussi une des réussites de ces rendez-vous sur la discipline. La chose ne se fait pourtant pas sans mal ni sans bêtise. Serait-ce le contexte politique des récentes municipales (le maire de Chaumont est le secrétaire d’État à la Consommation Luc Chatel) ? La lecture du Journal de la Haute-Marne s’avère inspirante. Ayant contribué à l’exposition Müller-Brockmann, je n’avais sans doute pas suffisamment de recul pour réaliser les dessous scandaleux d’un festival qui présentait des images à caractère zoophile ou encore des affiches explicitement pornographiques. Plus grave, le maire n’a reçu son invitation au dîner d’ouverture que deux jours avant la date. Voilà qui justifie une interview bien empressée à demander à monsieur le maire quels changements s’imposent. Bien entendu, l’article ne rentre dans aucune argumentation ni exposition. Si ce n’est pour insinuer tout le blasphème qu’il y a à jouer dans une chapelle… même déconsacrée… même jésuite.
Étendard du festival, l’affiche de Frédéric Teschner est cartonnée dans un encadré qui lui accorde la palme de l’inanité et renvoie la taille de ses caractères à un contrat présenté par le plus malveillant des escrocs, faisant de son auteur un maître incontesté dans l’art de ne rien dire. Une critique du vide déjà présente dans un entrefilet signé par Pierre Ponant pour Beaux-Arts magazine.
Eh bien répondons ! Mes collègues porte-plume oublient qu’une affiche a un contexte et un sujet. Il ne s’agit pas d’annoncer ailleurs le festival, mais d’être physiquement dans les rues de Chaumont, au coeur de l’événement.
Qui alors ignore où il se trouve ? Le titre est l’élément le moins important de cette affiche qui parle un langage autrement universel. Fluo, bleu réflexe et encres métalliques ne sont pas les teintes les plus silencieuses, elles mettent la ville en habit de fête et font un signe aux graphistes.
Un festival de graphisme est le lieu où les graphistes se montrent leur travail à eux-mêmes et à ceux qui veulent s’y intéresser. Ceux qui ont écrit sur cette affiche sans la voir auraient dû s’approcher et regarder. Ils y auraient lu et compris, s’ils l’ont oublié, qu’une affiche est un miroir qui leur dit qu’eux-mêmes ne sont pas totalement vides et que chacun possède en soi une capacité d’infini. Voilà tout ce que réussit à nous dire Frédéric Teschner à travers son écriture graphique. Tout cela et bien d’autres choses encore, comme ce Superman tapi dans l’image, à l’affût du plus malveillant des commentaires.
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Portrait d'un roi du fanzine et d'un musicien bidouilleur : Olaf Ladousse, entre douce illustration décadente et polyvalence artistique. |
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Dix-neuvième édition du Festival international de l'affiche et des arts graphiques, qui présente cette année les créations de la scène zurichoise et l'imagerie mexicaine, vante celles de Pierre di Sciullo, Fanette Mellier et Paul Cox, sans omettre une piqûre de rappel avec les images fondatrices de Mai 68. |
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Josef Müller-Brockmann est exposé cette année à Chaumont. L'occasion de découvrir son oeuvre, son idéologie et les contradictions qui les relient. |
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