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Interview : Neville Brody


Rencontré à Oeiras ( Portugal) à l'occasion du festival Offf, Neville Brody livre ses impressions sur la crise culturelle et les difficultés inhérentes au métier de graphiste. Un conseil : se méfier du "all design" pour se recentrer sur soi, sur l'émotion, la narration, l'engagement, l'objectif.

Commentaires

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Ne sommes nous pas sur un blog francophone ? Où sont les sous titres ?

Typos Typos Typos Typos Typos Typos Typos Typos...

J'ai de plus en plus l'impression, en surfant sur ce site, que le métier de graphiste consiste, pour l'essentiel, à choisir et manipuler des TYPOS.
IL n'est question quasiment que de cela : "de mots dans la ville, de concours internationaux de typographie, larmes typographiques, murs typographiques, typothèques, caractères, etc... etc..."
... Il a raison Neville Brody de se méfier du "all design".
Je ne parle pas l'anglais (désolé). Je ne suis pas un fan de ce graphiste (désolé). Mais au moins... lui, il est lucide.

Antoine & Neville

Cher Antoine,

Je peux vous confirmer que Brody ne prononce pas le mot "typographie", ni fait allusion à aucun moment pendant l'interview de ses formes multiples.

Je peux également vous confirmer que l'impression que vous avez, "que le métier de graphiste consiste, pour l'essentiel, à choisir et manipuler des typos," est malheureusement faux. Faux dans les deux sens : étapes nous caresse peut être mais assurez-vous, en étant graphiste, vous n'êtes pas condamné à une vie de lettres !

En ce qui concerne l'ensemble du contenu sur le site, je pense que l'équipe de rédaction d'étapes s'efforcent de nous munir avec des informations à la fois larges et pertinentes sur le domaine de la culture visuelle. Dans la rubrique Vidéo par exemple, déjà un mine d'informations très variées ; illustration avec Gauckler, architecture avec Tronic, animation avec H5 & Foreign Office, la programmation avec Schmidt. Attention par contre car je sens un typographe sur l'horizon, mais dans ce cas là vous aurez toujours le droit de fermer vos yeux et combler votre soif pour d'autres informations ailleurs.

Sous-titrage

Quand sommes nous dignes de recevoir une réponse de la rédaction?
Est-il nécessaire d'attaquer Monsieur Hervy, un de ses amis ou critiquer violemment la ligne éditoriale pour attirer votre attention?

La question est pourtant simple : Pourquoi n'y a-t-il pas de sous-titres?
Comme l'a dit Bob, nous sommes sur un blog francophone à contenu souvent francofan! Vous nous devez bien une petite explication.

Learn english, period.

Learn english, period.

à mots comptés

La réponse est simple, seriez-vous prêts, à payer pour accéder à ce type de contenu sous-titré? Nous avons conçu ces vidéos comme un contenu accessible gratuitement à tous, ce qui est une façon pertinente d'envisager la place des médias sur Internet. Nous croyons à l'intérêt de ces vidéos et à leur complémentarité avec l'édition papier du magazine, pour autant, différentes expériences ont montré que le web doit s'envisager dans une logique de gratuité.  Dans ce contexte, trois options s'offrent à nous et à vous chers internautes:
• soit nous diffusons en VO non sous-titrée les vidéos de locuteurs non francophone
• soit nous diffusons un contenu 100% VF (oui oui, c'est possible, il suffit de n'interroger que des francophones). ça aurait pu être le cas avec Neville Brody, mais ses 2 ans passés à Paris pour assumer la DA d'Actuel n'ont pas suffit à le familiariser avec la langue de Voltaire.
• soit nous nous inspirons de Facebook qui a solliicité ses membres pour la traduction de son contenu et lançons à notre tour un appel aux Internautes d'étapes pour qu'ils prennent en charge la traduction des propos de Neville Brody et nous la fassent parvenir. C'est promis, dans ce cas nous l'intégrerons à la vidéo. D'ici là, j'espère que le contenu de ces vidéos saura vous intéresser et que les internautes non anglophones trouveront leur comptant avec les vidéos françaises.

I love my big world of type

1•
Malheureusement se cantonner aux contenus francophones vous fera passer à côté de nombreuses richesses (surtout à l’heure d’un média comme internet qui se veut une ouverture sur le monde). Je suis loin d’être bilingue et je peux vous assurer qu’il ne faut pas un niveau extraordinaire pour comprendre la majorité des propos anglophones.
·
2•
Le métier de graphiste ne consiste-t-il pas essentiellement à gérer la relation avec le client ?…
Ironie mise à part, le travail demandé au graphiste n’est-il pas de trouver la forme adéquate au message que l’émetteur destine à son public ? Par forme j’entends aussi bien média, support, format que composition graphique… et typographique (rares sont les créations graphiques pouvant se passer de mots).
·
La typographie (qui n’est rien de plus qu’une écriture mécanisée) est une composante majeure de tout travail graphique. Il faut savoir maîtriser et respecter ses formes, condescendre à puiser dans son incroyable répertoire pour donner à voir autant qu’à lire le message, et ce le plus justement et sensiblement possible.

et le dessin ?...

et le dessin ?... tu sais ce truc qu'on fait avec la main, avec un crayon, un pinceau... ça te rappelle quelque chose ?... Une difficulté, peut-être.

tu confonds un peu tout…

Je n’ai jamais exclu le travail de la main. C’est encore (même à l’ère de l’informatique) un intermédiaire indispensable.

Il est cependant beaucoup plus aisé de composer un texte à l’ordinateur qu’au pinceau.

J'apprécie beaucoup cette

J'apprécie beaucoup cette définition de la typographie et son mode d'emploi !

Type

Si la critique soulignant l'omniprésence de la typo est mal formulée, j'en comprend (je pense) au moins le fond. La réponse de Thomas est très juste ; mais, force est de constater qu'il y a chez les graphistes un certain effet de mode. Non que vois ce soudain attrait pour la typographie d'un mauvais œil. Au contraire ! Je me souviens dans les années 90 et au début du 21e siècle la préoccupation première des graphiste et DA dans leur majorité n'était pas la rigueur typographique. Rappelez vous, les noms de ceux en france qui l'utilisait avec panache et rigueur se comptait sur les doigts de deux mains tout au plus. Ayant parfois à faire passer des entretiens à des étudiants et jeunes actifs de la profession, c'est régulièrement le même discours :
- J'adooooooooore la typo !
- Ca veux dire quoi ?
- Bah j'adore faire des trucs avec les lettres ect.
S'en suivent les longs dépatouillages pour m'expliquer avec des mots feignant le Savoir, une démarche parfois simpliste.
Ce qui me frappe le plus est la façon dont certains s'imaginent spécialiste après avoir placé le mot "ligature" dans la discussion alors qu'ils confondent l'approche et l'interlettrage. Cette image traduit il me semble assez bien l'état d'ignorance de nombreux graphistes sur la question. Et pour avoir été diplomé de trois écoles d'art graphique et étant freelance pour le services de plusieurs agence j'ai pu constater au prés de mes pairs que de nombreux programmes d'enseignement de cette profession sont à corriger.
Je n'ai pas pu regarder la video sur N Brody (que j'aime beaucoup) car elle est saccadée. Mais la question que pour moi pose la réflexion juste de Thomas est : Y-a-t'il du graphisme sans typographie ? L'illustration, aussi géométrique, subjective ou narrative soit-elle, peut-elle être assimilé à du graphisme ? L'illustration est elle une discipline dissidente du graphisme ou sont ils tous deux des disciplines à part entière. A l'heure ou les écoles d'art graphique offrent pour leur majorité une formation à un métier pluri-disciplinaire, quelle sont les cloisons entre chacunes d'entre elles ? Ou commence et s'arrête le spécialisme ? Quelle est la place du spécialisme dans les nouveaux contours de notre proféssion ?

Bien à vous chers confrères

Chacun pratique le graphisme comme il l'entend.

Chacun pratique le graphisme comme il l'entend. Chacun se débrouille avec ses compétences et ses lacunes.
De la photo à la typo, en passant par l'illustration... L'éventail est large des outils à notre disposition.
Les questions du Dr Goupil : "Y-a-t'il du graphisme sans typographie ?" et surtout "L'illustration, aussi géométrique, subjective ou narrative soit-elle, peut-elle être assimilée à du graphisme ?" sont hallucinantes et symptomatiques de l'étroitesse d'esprit qui règne actuellement (et provisoirement !) dans "les Sphères Eclairées" de la profession.

l'outil ne fait pas la discipline.

Chaque mot à une définition et une signification. Sinon Cieslewicz était peintre. Mais si on ne l'appel pas peintre ou artiste, c'est bien pour quelque chose. Le graphisme a une histoire, un passé, des règles, des siècles de travail pour établir différent canons d'efficacité de lecture et de compréhension. Cette discipline est certes en constante évolution, mais je continue de penser c'est une discipline rigoureuse qui nécessite des études poussées et approfondies qu'elle que soit la branche dans laquelle on souhaite s'orienter. Encore plus aujourd'hui où l'on voit le nombre de prétendant au poste augmenter constamment. On peu bien entendu faire des illustrations et des photos pour exprimer ce que l'on veux, mais la moindre des choses est d'avoir appris les règles d'écriture quand on veux faire du graphisme sa proféssion.
La curiosité ne reflète pas pour moi de l'étroitesse d'esprit. En revanche, penser que tous ceux qui possède la suite Adobe sur leur ordi sont graphistes c'est soit être un pigeon soit être un escroc selon où l'on se place.

À lire, et à méditer

Un article de Véronique Vienne paru en 2005 dans Étapes :
http://veryvienne.com/?La-parole-retenue

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