|
||||||||
|
||||||||
|
|
||||||||

Lu sur typographe.com la nouvelle triste de la disparition d'un grand Monsieur de la typographie.
J'ai connu Ladislas Mandel alors qu'ado je fréquentais déjà les rencontres graphiques de Lure avec Paul Gabor. Nous parlions hongrois bien qu'il ait quitté le Magyarország très jeune et qu'il roulait les «r» à la manière d'un paysan du Berry. C'était un homme bourru, un homme de conviction, d'une érudition paléographique démesurée. Il avait fait ses «classe» aux Beaux Arts de Rouen et avait été recruté à la fonderie Deberny et Peignot pour prendre en charge la fabrication des polices Lumitype, ancètres de la photocomposition dans les années 50. Travaillant de concert avec Adrien Frutiger, il entreprit avec celui-ci la mise au point de la série des univers. Son atelier au sein de la fonderie comprenait jusqu'à une vingtaine de techniciens, dessinateurs comme Lucette Girard (sur la photo prise par Albert Boton) qui devint par la suite la «main exécutante» de Roger Excoffon sur des programmes aussi variés que le Mistral ou l'Antique Olive et le Nord Compact. Plus tard, à la fermeture de Deberny, Mandel continua à collaborer à la société Photon qui avait repris les brevets de la Lumitype (une invention de Higonnet et Moiroud) et y dessina ou redessina nombres de caractères que vous pouvez découvrir sur le site du ministère de la culture ici.
Lorsque Mandel se retira de la direction artistique de Photon, il prit son bâton de pélerin comme indépendant et continua de plus belle à dessiner des caractères pour le Monde entier. Le Messidor restera sans doute parmi ses plus belles créations, se distinguant par une architecture très old-style et un tracé très manuaire. Le Galfra aussi, un caractère qui fit gagner 35000 tonnes de papier aux Pages Jaunes en France par la lisibilité travaillée pour le corps 4 et 5.

Voilà un caractère inutilisable en grand corps, destiné exclusivement à être utilisé en petit les «ouvertures» exagérées dans les angles disparaissent à l'œil et évitent à l'encre de venir boucher les lettres (surtout sur un papier bon marché d'annuaire).
Rares sont les typographes d'aujourd'hui qui ne doivent pas un peu de leur expérience à Ladislas. Albert Boton, lui même a passé quelques années aux côtés de cet homme inventif à l'esprit à la fois très cultivé mais doué d'un sens pratique hors du commun. Il nous manquera par toutes ses qualités y compris celui de l'écoute, qui n'en était pas le moindre.
La rédaction d'étapes: vous offre exceptionnellement de télécharger la vingtaine de pages qui lui fut consacré dans son numéro 55, rédigé par Olivier Nineuil.
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| Article consacré à Ladislas Mandel sur étapes: magazine | 542.04 Ko |
Commentaires
Erreur de chronologie Deberny et Peignot - Photon
La société Photon a pris une licence sur les brevets Higonnet-Moyroud bien avant que Deberny et Peignot se lance dans la photocomposition.
deberny et peignot et étoiles jaunes
A l'écoute de ce doux nom de Deberny et Peignot, je ne peux m'empêcher de penser au bon de commande - publié par serge klarsfeld - de l'armée nazie pour la fabrication de la matrice de l'étoile jaune à Deberny et Peignot. Ce si joli effet typo pour le mot JUIF.
Comme à l'évocation de ce joli caractère qu'est le DIN, je ne peux m'empêcher de penser à ces si délicates utilisations sur les autoroutes allemandes vers 1936.
Merci Ladislas Mandel
Je viens de découvrir avec tristesse la disparition de Ladislas Mandel
Sorti de Corvisart, jai travaillé en tant que Graphiste typographe chez Lumitype puis Photon et Dymo Graphic System de 1969 à 1977 (date de fermeture de l'entreprise), sous la direction de Ladislas.
Que de bons souvenirs, Toutes ces polices latines et exotiques destinées à la photocomposition étaient dessinées à la main, à l'encre sur des cartes à gratter et photographiées sur supports disques ou tambours. Hé oui, l'ordinateur n'existait pas à cette époque !
Devenu free Lance, je lui dois beaucoup surtout la sensibilité typographique et le travail bien fait qui m'ont amené par la suite à mettre au point et réaliser de nombreux logos pour des agences.
Je l'ai revu une fois lors d'une de ses conférences. Toujours aussi passionné.
Je n'oublierai jamais ces premières années de ma carrière et j'aurai tant voulu le remercier pour ce qu'il m'a appris, La rigueur, le goût du travail bien fait.
Un grand merci Monsieur Mandel.
Poster un nouveau commentaire