|
||||||||
|
||||||||
|
|
||||||||
Affiche et communication visuelle pour orchestre. Anette Lenz a travaillé trois saisons pour les concerts de Radio France (l’essentiel est visible dans é : 89). Elle donnait aux concerts une dimension sensible, avec les visuels articulés sur la poésie et le rythme afin de plonger le “regardeur” comme le spectateur dans son intimité (contemplation, écoute, introspection).
Le studio Fake bouleverse les lois du genre : les solistes de l’Ensemble intercontemporain sont photographiés dans la ville, dans leurs vêtements de quidam. L’instrument est figuré comme un fil rouge, reliant l’univers introspectif des musiciens au quotidien des spectateurs. De plus, le traitement graphique, photos et interventions d’Illustrator, situe la musique au goût du jour. Luc Hossepied, directeur de communication, est vigilant sur le choix iconographique de leur magazine Accents. Cette année, il présente des photographies de musiciens dans leur vie de tous les jours : John Cage dans son jardin, etc. Toute l’identité, de la brochure aux cartes com', est pensée autour de quatre valeurs essentielles : proximité, découverte, plaisir, qualité. L’Ensemble intercontemporain a été successivement pris en charge par Michal Batory (au moment où l’Ensemble était logé à l’Ircam) puis par Pierre Neumann, auteur du logo, en cours de remaniement.
Mathieu Desailly travaille depuis 1997 pour l’orchestre de Bretagne (auparavant, la communication était l’œuvre d’Alain Le Quernec). Au départ, mes créations étaient très didactiques, proches de l’illustratif. D’année en année, j’osais davantage. Puis, tout s’est libéré grâce à des ateliers enfants. C’est avec eux que la silhouette du violoncelle est devenue de plus en plus originale. L’image de saison est incarnée par un violoncelle qui disparaît sur les affiches de concert. Le graphiste a choisi de marquer l’identifiant Bretagne (plage, sable, etc.) sans tomber dans l’imagerie simpliste. Pour les images de concerts, Mathieu Desailly réalise des installations dans la tradition du Land Art, traduisant la poésie et le rythme du souffle musical. Ses affiches, 120 x 176 cm, ont une présence quasi mensuelle dans Rennes. Grâce à ce système graphique, nous avons fidélisé un public, certains achètent les images, mais ne viennent pas au concert, c’est peut-être un effet pervers. La confiance établie, le graphiste travaille sans pression ni interdit avec l’orchestre dont l’entité logotype est issue d’une gestuelle au pinceau.
Frédéric Jandrain, seul graphiste salarié d’un orchestre symphonique, avoue qu’il travaille sur la communication de l’orchestre de Lille pas à pas, toujours dans des cadres sages, mais en nette progression. Le privilège d’être salarié est aussi un danger, celui de ne pas bousculer les choses. Il a toujours en tête de donner une image plus actuelle, surtout que Lille est une ville jeune, dotée d’une communauté importante de graphistes. L’image de saison 2004-2005, très poétique, montre la couleur de la note, les mouvements des ondes et des volutes. En jouant, les musiciens portent les couleurs.
Philippe Millot a travaillé plus de dix ans pour Radio France, qu’il a intégré à sa sortie d’école. Il a acquis peu à peu sa liberté d’action, bien qu’il n’ait jamais eu carte blanche et que toute démarche fut compliquée. Précisons que Radio France doit gérer la rivalité interne de ses différents orchestres (Orchestre nationale de France, orchestre philharmonique de Radio France, Chœur de radio France, Maîtrise de Radio France). Pour Philippe Millot, le travail accompli, sa qualité, est une question de personnes et non une affaire de secteur. Au départ, aucun graphiste n’envisageait Radio France comme un champ d’action, puis au fil des ans, la maison recevait de plus en plus des dossiers de graphistes. Pour Millot, l’apport essentiel fut la structure interne du programme, «avec le directeur de communication François Rousseau, nous avons posé les bases de l’architecture générale des brochures tel qu’elles se font actuellement », permettant une lecture synthétique et des informations détaillées. Un soin particulier était accordé à l’objet qui, exempt de pub, acquérait une valeur intemporelle et se rapprochait plus d’un livret que d’un élément de promotion. « J’aime la clarté pour que le propos puisse être parfaitement compréhensible ». Quant aux images, «elles sont le plus génériques possible», afin d’établir un système identifiant qui devienne familier à l’auditeur. Surtout, Millot revendique un peu d’élégance, un critère rarement présent dans la commande.
Vincent Nebois, détaché à Lyon de l’agence strasbourgeoise E-BKN, gère depuis quatre ans l’orchestre de Strasbourg, une des plus vieilles structures, qui fêtera l’an prochain son 150e anniversaire. Les affiches de concert (vingt-deux) dialoguent avec les images de saison.
Trafik a assuré la direction artistique de la brochure ainsi que l’identité de l’Auditorium de Lyon au début 2004 (avec l’agence-conseil Pelazzo & Partners). Celle-ci, plus une signature qu’un logo, se distingue par cet élément symphonique, un espace de volute graphique accompagné d’une typo basique. Développer ce principe permettait de marquer le lieu. Le studio a fait appel à un photographe qui a réalisé des clichés intimistes et plastiques de l’auditorium. Ce choix correspond à une envie de se démarquer des précédentes communications, où l’architecture de l’auditorium, très années 1970, était prépondérante.
Photographe : Siegfried Marques.
Unique affiche de saison réalisée par Paul Cox avec Félix Müller (pour Intégral Ruedi Baur et Associés) pour l’orchestre symphonique et lyrique de Nancy (rattaché par son administration et sa communication à l’opéra, pour lequel Paul Cox œuvra pendant six ans). Radicale, l’affiche, dans son visuel et sa typo, pousse loin le minimalisme. L’orchestre est symbolisé par une scène, presque une gommette verte (résonances à un travail personnel effectué dans le même temps par l’artiste, Cf Animaux, Edition du Seuil). Un univers simple et enfantin plane sur l’orchestre et lui donne une dimension plus accessible.
Commentaires
Poster un nouveau commentaire