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dimanche 21 avril 2024
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Dimitry Hlinka et Nicolas Pinon réinventent le radiateur

Le designer Dimitry Hlinka et le laqueur Nicolas Pinon ont remporté en 2020 le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main. Ils conçoivent un radiateur en mêlant des techniques de modélisation et d’impression 3D, du Kanshitsu – un procédé de laque sèche japonais – et la thermochromie. Les deux créateurs travaillent à présent à l’élaboration d’un second prototype qui pourrait monter jusqu’à 65 °C et qu’ils présenteront au mois de juin.

Un second protoype qui pourrait monter jusqu’à 65 °C

Dimitry Hlinka est designer, tandis que Nicolas Pinon est laqueur. Tous deux travaillent en duo sur un projet de conception de radiateur, mêlant impression 3D, Kanshitsu – une technique de laque sèche japonaise – et thermochromie. “Entropie”, tel que les deux créateurs l’ont baptisé, est un radiateur pensé comme une sculpture aux dimensions de 80 x 25 x 60 cm. Grâce à celui-ci, le duo a remporté en 2020 le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main. L’enveloppe de 200 000 euros que la fondation leur accorde, leur permet de concevoir un second prototype qui pourrait chauffer jusqu’à 65 °C, contre 50 °C pour le premier. Pour concevoir l’objet, le duo a tout d’abord élaboré une forme pouvant épouser celle d’une résistance. “Nous souhaitions dessiner l’objet d’un seul trait et qu’il prenne la forme d’une boucle. Nous sommes partis de l’élément essentiel à un radiateur : la résistance auto-régulante, le cordon chauffant” précisent Dimitry Hlinka et Nicolas Pinon.

Quand la 3D rencontre le Kanshitsu

Dimitry Hlinka modélise dans un second temps en 3D, à l’aide du logiciel Rhinoceros, une trentaine de pièces qui constituent le squelette du radiateur. Imprimées en 3D, en résine produite à partir d’huile de soja, ces pièces sont ensuite tenues ensemble par le procédé de laque sèche Kanshitsu. Cette technique notamment utilisée au Japon, lors de la période Nara au huitième siècle et encore aujourd’hui, consiste à superposer de nombreuses couches de fibres de chanvre imbibées de laque. Ébéniste de formation et diplômé de l’École Boule, Nicolas Pinon s’est rendu au Japon pour être formé à cette technique traditionnelle. Chaque couche doit être poncée méticuleusement pour éviter les défauts. Afin de faciliter le passage de la laque et du ponçage, Dimitri Hinkla a conçu, en fonction du nombre de couches déjà réalisées, des cales en 3D, chacune variant de quelques millimètres. “L’outil 3D permet la création de nouveaux outils, comme les cales, une possibilité que l’on n’avait pas anticipée. On utilise ainsi la 3D non comme une finalité, mais comme un moyen” précise Dimitry Hlinka. 


Jeux de couleurs : le procédé de la thermochromie

Le radiateur change aussi de couleur en fonction de la chaleur, passant d’un noir à un rouge tirant sur le brun. Une couche de laque au pigment rouge est recouverte d’une couche thermochrome, noire à froid et devenant transparente à partir de 35 °C. La pièce requiert ainsi près de 400 heures de travail et entre 100 et 150 heures de conception en terme de maquette. Le prototype n’est donc pas pour l’instant reproductible en série, mais est le fruit d’une démarche d’expérimentation. Dimitry Hlinka et Nicolas Pinon envisagent néanmoins d’échanger avec des fabricants de radiateurs, afin d’améliorer leur création. Grâce à la bourse du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main, ils investissent dans l’achat d’une fraiseuse afin de mieux travailler la fibre et de réaliser des pièces pouvant servir de moule et de gabarit. Ils s’intéressent aussi à la technique du carton compressé, dans l’optique de développer des formes de réutilisation du papier.

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