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dimanche 21 avril 2024
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Les Voyages ordinaires : entre roman et objet graphique

Dans le cadre du prochain numéro d’étapes: à paraître en mai prochain et disponible en pré-commande jusqu’au 29 avril, nous publions l’analyse d’un design éditorial d’un livre, en rapport avec la thématique du numéro “Études de cas”.


L’auteur François Lozet publie un roman fragmentaire “Les Voyages ordinaires” illustré par Laurindo Feliciano. La designer graphique Uli Meisenheimer a conçu le design éditorial de l’ouvrage. Celui-ci retrace une histoire de la mélancolie, ou plutôt la donne à ressentir.

“Ce matin, je me suis de nouveau perdu dans ma chambre. Comme quoi, le désordre, avec ses entassements, ses plis, ça vous agrandit l’espace. Théorème : le désordre agrandit l’espace. Comme l’impression d’oubli la mémoire” tels sont les premiers mots du roman “Les Voyages ordinaires” de François Lozet, auteur, scénariste et chargé de cours à l’université Paris XIII et Paris III Sorbonne Nouvelle. Le livre édité par Harpo Arts Po est agrémenté de 16 illustrations de l’artiste Laurindo Feliciano, inspirées de l’univers des magazines et cartes postales vintages. 

Afin de traduire le côté fragmentaire du roman, la designer graphique Uli Meisenheimer insère dans le corps du texte des espaces blancs, délimités par des traits : paragraphes fantômes ou espaces laissés à l’imagination du lecteur ou de la lectrice. Uli Meisenheimer choisit comme typographie sérif le Baskerville, afin de s’inscrire dans la tradition du roman pour mieux la déconstruire. À partir des illustrations, elle conçoit de fausses planches de recherche, inspirées par le travail de l’historien de l’art Aby Warburg et des cabinets de curiosités. Sur des pages de droite, l’illustration en couleur de Laurindo Feliciano est collée par le bord horizontal supérieur, comme dans les vieux livres d’histoire de l’art. Sur les pages de gauche correspondantes, se déploient les fausses planches de recherche que le lecteur et la lectrice croient à première vue être celles qu’aurait créées l’illustrateur afin de préparer ses créations finales. Différentes images, comme un champignon, un visage sans visage, un cheval au très long corps, sont disposées sur la page. De faux numéros sont dispersés de façon aléatoire dans les espaces blancs et sur les planches de recherche. Mais le lecteur et la lectrice tenteront en vain de faire correspondre les numéros des images à ceux des paragraphes fantômes… Inspirée par le dadaïsme et le surréalisme, Uli Meisenheimer les invite ainsi à se perdre, et à errer de fragment à fragment. Un deuxième tome de ce roman est actuellement en préparation, et prolongera le voyage…

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